Trek de l'Everest au Népal

Mal des montagnes en trek au Népal : symptômes, prévention, acclimatation

Le mal aigu des montagnes est la première cause d’abandon sur les treks du Népal. Il ne dépend ni de l’âge, ni de la forme physique, ni de l’expérience. Un marathonien peut y être sensible, un randonneur de 70 ans peut ne rien ressentir. La bonne nouvelle : il se prévient presque toujours, à condition de connaître les règles et de les respecter.

Qu’est-ce que le mal aigu des montagnes ?

Plus on monte, moins il y a d’oxygène dans l’air. À 3 500 m, chaque respiration en apporte environ un tiers de moins qu’au niveau de la mer ; à 5 400 m, la moitié. Le corps met plusieurs jours à s’adapter. Si l’on monte plus vite qu’il ne s’adapte, il souffre. C’est ce qu’on appelle le mal aigu des montagnes, ou MAM. Il apparaît en général au-dessus de 2 500 m, et surtout au-delà de 3 000 m.

Les symptômes à connaître

Le MAM ressemble à une gueule de bois. Il commence 6 à 12 heures après l’arrivée à une nouvelle altitude :

  • mal de tête, le signe le plus fréquent ;
  • perte d’appétit, nausées ;
  • fatigue inhabituelle, vertiges ;
  • mauvais sommeil, réveils fréquents.

Ces signes sont bénins s’ils restent légers et disparaissent avec le repos. Ils deviennent graves s’ils s’aggravent malgré le repos, ou si apparaissent une toux avec essoufflement au repos, une confusion, une démarche titubante ou des vomissements répétés. Ces signes annoncent un œdème du poumon ou du cerveau. La seule réponse est alors la descente immédiate, même de nuit.

Les cinq règles qui évitent presque tous les problèmes

  1. Montez lentement. Au-dessus de 3 000 m, ne gagnez pas plus de 300 à 500 m d’altitude de couchage par jour. C’est l’altitude où vous dormez qui compte, pas celle atteinte dans la journée.
  2. Prévoyez des jours d’acclimatation. Un jour de repos tous les 1 000 m gagnés. Sur le trek de l’Everest, ce sont les journées à Namche Bazar et à Dingboche. Sur le tour des Annapurnas, la journée à Manang. Ces jours ne sont pas du temps perdu : c’est ce qui vous permet de passer le col.
  3. Montez haut, dormez bas. Pendant les jours de repos, faites une petite marche vers un point plus haut, puis redescendez dormir. Le corps s’adapte plus vite.
  4. Buvez beaucoup. 3 à 4 litres par jour. L’air sec et l’effort déshydratent sans qu’on s’en rende compte. Évitez l’alcool et limitez le café.
  5. Ne montez jamais avec des symptômes. Un mal de tête léger : restez à la même altitude une nuit de plus. Des symptômes qui s’aggravent : descendez. Cette règle est simple et sauve des vies.

Les médicaments

L’acétazolamide (Diamox) accélère l’acclimatation. Beaucoup de trekkeurs le prennent en prévention à partir de 3 000 m, à faible dose. Il a des effets secondaires (fourmillements, envie fréquente d’uriner, goût modifié des boissons gazeuses). Il ne remplace pas une montée progressive et ne masque pas un œdème. Parlez-en à votre médecin avant le départ, il vous dira si vous pouvez le prendre et à quelle dose. Un antidouleur classique comme le paracétamol soulage le mal de tête.

Comment nous construisons nos itinéraires

Tous nos treks d’altitude intègrent des jours d’acclimatation aux bons endroits. Mohan marche avec vous tous les jours et fait le point chaque soir : comment vous avez dormi, mangé, si vous avez mal à la tête. Si un participant montre des signes de MAM, l’étape du lendemain est adaptée : une nuit de plus, ou une descente. Les étapes sont flexibles, c’est écrit sur chaque page de trek et c’est vrai. Un trek réussi est un trek dont on revient.

Pour les treks les plus hauts, comme l’Everest via Gokyo et le Cho La ou le tour des Annapurnas, nous conseillons de choisir la version longue si vous n’avez jamais dormi au-dessus de 4 000 m.

L’assurance : indispensable

En cas de MAM sévère, l’évacuation se fait par hélicoptère. Elle coûte plusieurs milliers d’euros et se paie avant le décollage si vous n’êtes pas assuré. Vérifiez que votre assurance voyage couvre le trekking jusqu’à l’altitude de votre trek (souvent 5 000 ou 6 000 m) et le rapatriement par hélicoptère. Les assurances des cartes bancaires ne couvrent généralement pas au-delà de 3 000 m. Nous vous demandons une attestation avant le départ.

Questions fréquentes

À partir de quelle altitude faut-il faire attention ?

Dès 2 500 m pour les personnes sensibles, et pour tout le monde à partir de 3 000 m. Les treks qui restent sous 3 500 m, comme le Balcon des Annapurnas ou Mohare Danda, posent rarement problème.

Peut-on s’entraîner à l’altitude avant de partir ?

Pas vraiment : l’acclimatation se perd en quelques semaines. En revanche, une bonne condition physique rend le trek plus agréable et laisse plus de marge le jour du col. Marchez avec un sac, en dénivelé, plusieurs fois par semaine dans les deux mois qui précèdent.

Les enfants sont-ils plus sensibles ?

Ils ne sont pas plus sensibles, mais ils expriment moins bien leurs symptômes. Avec des enfants, restez sous 3 000 m ou prévoyez une montée encore plus progressive et surveillez l’appétit et l’humeur.

Cet article donne des informations générales. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, à consulter avant tout trek en altitude.

About the author
Mohan
Guide de trek népalais, francophone, fondateur de l'agence Franco Nepal Treks à Katmandou. 25 ans d'expérience sur les sentiers de l'Everest, des Annapurnas, du Langtang, du Mustang et du Manaslu.

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